Manifest

Nouveaux scénarios dans le front d’eau

La deuxième édition du BIA Urban Regeneration Forum se propose d’analyser les fronts d’eau urbains, étant donné que le front d’eau est une des plus grandes transformations actuelles de nos villes.

La libération du sol stratégiquement situé, occupé jusqu’à présent par une activité, par des infrastructures ou par les usages portuaires qui ont vu que leur vie utile s’éteignait, a offert de nouvelles perspectives à la régénération urbaine. Il s’agit d’aires souvent très grandes, complexes et avec pas mal de conflits, dont la transformation implique des processus qui se prolongent pendant des décennies. Les servitudes d’occupation qui s’étendent au-delà de la vie utile des propres installations, la présence des résidus industriels parfois toxiques, le besoin du sol industriel ou portuaire alternatif, portent de grands investissements et transforment ces aires situées au cœur même de la ville en véritables défis pour la régénération urbaine.

Suite à l’édition précédente, nous voulons réfléchir sur le rôle que ces fronts d’eau jouent dans la naturalisation de la ville. Il est habituel que les waterfronts urbains soient des terrains gagnés artificiellement à l’eau. Dans leur récupération on accepte naturellement l’intensification de l’occupation. ¿Quelles sont les alternatives? ¿Est-ce qu’il est possible la cession au naturel par le recul de l’urbanisé? ¿Quelles avantages peuvent exister en ce qui concerne la qualité écologique et la sécurité contre les inondations?

Le BIA 2 se propose d’analyser comment entreprendre ces transformations et contraster, à travers le débat et l’exposition de différentes expériences, quelles sont les clés du succès pour les défis non résolus dans nos villes. Quelles composantes d’innovation doivent être incorporées. Adaptabilité est le terme le plus utilisé aujourd’hui pour parler de la rénovation urbaine. Le flexible et le multifonctionnel définissent le panorama de l’adaptable. Ces paramètres sont souvent introduits à travers des solutions standardisées qui conduisent à une neutralité globalisée dont on pourrait se demander si elle est appropriée pour résoudre la spécificité de chaque emplacement concret. Il s’agit de détecter quelles clés permettent de surmonter les solutions basées sur des patrons standard où la survie dépend seulement de la nouveauté formelle.

Quelles sont les avantages et les inconvénients de la tabula rasa? Et quelles celles de la réutilisation? Quels sont les critères et les méthodologies pour décider ce qui doit y rester? Si le caractère et l’identité se construisent à partir de la mémoire et le patrimoine collectif, quel poids possède la préservation du passé de ces aires dans leur récupération? Le BIA2 se propose en définitive de servir de forum de discussion sur des pratiques d’interprétation exceptionnelles du symbolisme sous-jacent dans le caractère spécifique des cités avec des fronts d’eau définis et leurs modèles de préservation et d’intégration dans un encadrement physique renouvelé.

La gestion de la revitalisation des fronts d’eau exige le consensus de multiples agents (administrations, entreprises et entités publiques et privées, investisseurs). La collaboration publique-privée dans ces processus à long terme garantit la qualité du résultat et le succès en termes d’équilibre social et intégration, principes essentiels de la régénération urbaine. Comment développer le leadership?, comment encourager la participation comme élément de durabilité? L’accessibilité et la vitalité urbaine, fondées sur un usage libre et fonctionnellement divers, sont les garants d’une rénovation équilibrée. Le BIA2 veut analyser les clés de gestion et de programmation du processus de transformation de ces aires d’opportunité.

On se propose d’aborder tout ce qu’on vient se signaler, sans esquiver la durabilité et l’efficacité dans l’usage et la gestion d’un bien indispensable comme l’eau (traitement, réutilisation, banques d’usage). Un débat autour de diagnostiques des usages de l’eau, agendas et tendances dans l’impact de la disponibilité moyenne d’eau par habitant dans différentes villes. Un point de vue qui s’appuie sur les antérieures affirmations, car en fonction de comment on définit l’urbain on aura un mode concret de consommation de recours.